Historique de l’ASPEN

(Source : dossier du cinquantenaire – 2017)

1967 – fondation de l’association

En juillet 1966, la presse locale publie un article au sujet du « Café Conserves » et du projet de création du « Vrai Cabaret ». Il y est question de la transformation d’une villa située à la Pointe de Penchâteau en débit de boissons. Le maire a, en effet, été saisi d’une demande pour autoriser l’ouverture, rue François Bougouin, d’un salon de thé-bar, avec pour perspective la création d’un café-théâtre. Certains riverains considèrent alors qu’il est temps de protéger le littoral et envisagent la fondation d’une association ayant cette vocation.

A l’instigation du général André Puget, vingt-deux riverains décident de créer l’ASPEN avec pour objectif de protéger le caractère exceptionnel de la Pointe de Penchâteau et de la Grande Côte au Pouliguen. Le Journal officiel du 6 mai 1967 publie le dépôt des statuts de l’association effectué le 21 avril 1967. La première assemblée générale est tenue au Pouliguen le 19 août 1967 et le général André Puget est élu premier président de l’ASPEN.

Le Café-théâtre ne verra jamais le jour, mais les fondateurs de l’ASPEN se trouvent rapidement confrontés à d’autres problèmes portant atteinte à l’environnement.

1967 – début de la lutte contre la pollution des eaux

Dès mars 1967, le général André Puget écrivait : « la lutte contre la pollution de l’eau de mer en bordure de côte est déjà un fait ». En 1971, à l’occasion du « concours des plages nettes », organisé par France Inter pour encourager la lutte contre la pollution du littoral, il fait part à cette radio, de ses démarches auprès de la municipalité du Pouliguen. En 1972, il informe le député de la circonscription « qu’il vient de faire procéder à des analyses d’eau sur certaines de nos plages » et souligne que « c’est de la dynamite ! ».

La volonté de combattre la pollution des eaux du littoral conduit à la création, le 15 octobre 1975, de « l’Association syndicale pour la construction du collecteur de Penchâteau », monsieur Paul Decré vice-président de l’ASPEN en assurant la présidence. Elle réunit des propriétaires résidant sur la Pointe de Penchâteau. Ce collecteur ira de l’anse de Toullain jusqu’au réservoir de chasse prévu après le tournant de la Pointe. Sa réalisation apportera une amélioration considérable à la qualité des eaux du bord de mer.

1968 – opposition à la création d’un port de plaisance

A l’été 1968, l’ASPEN apprend qu’un projet de port de plaisance appelé aussi « Centre de Voile de Penchâteau » est à l’étude. Bien que le site soit classé, le projet de port de plaisance prévoit la construction d’une jetée de 410 m de long et de 12 m de haut, un terre-plein cimenté d’une superficie de plus de 6 000 m², la création d’une plage privée et d’un habitat conçu pour recevoir à l’année cent pensionnaires et cinq ménages d’instructeurs, ce nombre étant significativement accru en saison estivale.

L’association mène avec succès une vigoureuse campagne contre la réalisation de ce projet. La création d’un port de plaisance est abandonnée. Il sera réalisé à Pornichet. Sur l’emprise de la propriété « Gai Mesnil », la construction du Cercle Nautique La Baule – Le Pouliguen – Pornichet (CNBPP) sera achevée en février 1983.

1970 – alerte sur le camping sauvage de la pointe

Dans une lettre du 27 août 1970, l’ASPEN attire l’attention du Maire du Pouliguen sur le camping sauvage pratiqué sur la Grande Côte, un phénomène qui s’aggrave d’année en année. A ce moment, il ne s’agit plus seulement de camping sauvage mais plutôt de camping collectif illicite. Plus d’une centaine de tentes et de caravanes sont alignées les unes contre les autres sur les terrains de la pointe de Penchâteau allant jusqu’au chemin du Roy. Entre 300 et 400 personnes y vivent sans aucune installation sanitaire. Au fil des ans, un talus et des rochers sont mis en place pour empêcher ces installations. Mais peu à peu les obstacles sont contournés, et avec l’évolution du matériel de loisir, les tentes et les caravanes laissent la place aux camping-cars. Ce n’est qu’à compter de 2005, lors du réaménagement de la Grande Côte que ce phénomène sera maîtrisé.

1973 – participation à l’élaboration du plan d’occupation des sols du Pouliguen

En cette année, les études pour la création d’un plan d’occupation des sols (POS) au Pouliguen sont engagées. Pierre Randet, président de l’ASPEN et personnalité écoutée dans l’Administration de l’Equipement du Territoire, propose la création d’un groupe de travail en partenariat avec la Municipalité du Pouliguen et la Direction Départementale de l’Equipement. Cette proposition est retenue et le 16 juillet 1979, le 1er POS du Pouliguen est approuvé. Dans ce document sont insérées de nombreuses dispositions relatives à la protection et à l’évolution raisonnable de l’habitat et du paysage côtier.

Le dynamisme et l’engagement de l’ASPEN dans la conduite de ce dossier sont reconnus par la préfecture de Loire-Atlantique qui accorde à l’association, le 14 avril 1980, l’agrément «Urbanisme et Environnement ». Depuis cette date l’ASPEN est sollicitée et émet des avis dans le cadre de l’élaboration des documents d’urbanisme.

1974 – intervention à la suite de travaux de déroctage à Grève blanche

Au cours de l’année 1974, au grand étonnement des riverains de Penchâteau, les organismes officiels décident d’entreprendre des travaux de déroctage afin, affirment-ils, de permettre aux bateaux de mieux évoluer. Le résultat de ces travaux est le saccage de la plage de la Grève Blanche. L’ASPEN intervint avec vigueur. Le Service maritime décide alors un apport de sable et l’édification d’un épi afin de stabiliser le littoral à cet endroit. Il faudra attendre 1979, après différentes modifications, pour que cet épi assume sa fonction.

1993 – soutien à la mise en place d’une ZPPAUP

Les lois de décentralisation territoriale instituent la création de « Zones de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager » (ZPPAUP). Jean-Luc Bourgeois, président de l’ASPEN, estime que ce nouvel outil juridique s’adapte parfaitement à la protection des zones sensibles du Pouliguen. Il entreprend alors des démarches auprès de la municipalité qui, rapidement convaincue, entame les procédures légales pour que la commune se dote de cette réglementation qui sera appliquée à compter de 1999.

La loi du 12 juillet 2010 crée les Aires de Mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine (AVAP) qui vont se substituer aux ZPPAUP. Le dispositif est en place depuis 2013.

1995 – participation aux études de mise en valeur du site de la Grande Côte 

Au mois de novembre 1995 une commission de travail réunissant toutes les associations de protection de la Presqu’île est instituée. A ce moment, la Grande Côte est en effet dans un triste état. Les élus des communes concernées souhaitent que cette commission élabore des propositions favorisant la protection et la valorisation du site. A partir de 2004, la côte sera restaurée grâce à l’important travail fourni par tous les élus du canton soutenus par l’ASPEN et d’autres associations. Ce travail était devenu une absolue nécessité du fait des conséquences de la dramatique marée noire de 1999.

Au mois de juillet 2006, l’ASPEN est conviée à l’inauguration officielle de ce site exceptionnel réhabilité.

1995 – l’ASPEN, membre de la Commission Consultative des usagers du SICAPG

Dès sa création, l’ASPEN a joué un rôle actif dans le domaine de l’assainissement et de la qualité de l’eau potable. Le 27 septembre 1995, l’ASPEN reçoit du maire de Guérande, alors président de ce syndicat ayant les compétences eau-assainissement-déchets, l’invitation à venir siéger au sein de cette commission.

La qualité de l’eau distribuée au robinet, la collecte et le traitement des eaux usées ainsi que celle des déchets ménagers sont des préoccupations constantes de l’ASPEN. Au sein de cette commission, l’association peut ainsi suivre en direct ces dossiers essentiels pour la vie des citoyens et solliciter les pouvoirs publics pour corriger les disfonctionnements.

1999 – promotion de la réhabilitation du Moulin de Codan

En mars 1999, l’ASPEN contribue activement à la création de l’Association des Amis du Moulin de Codan. Son objet est, en coordination avec la municipalité, propriétaire du moulin, la réhabilitation de ce témoin de l’histoire de la commune. A ce jour, beaucoup reste à faire.

1999 – partie civile dans les poursuites judiciaires du naufrage de l’Erika

Dans la nuit du 25 au 26 décembre 1999, le fuel lourd qui s’est écoulé de l’Erika vient polluer gravement la Grande Côte. L’ASPEN se constitue partie civile au motif que l’association estime avoir subi un important préjudice moral par cette pollution catastrophique qui porte atteinte à l’environnement et à au cadre de vie des habitants
Durant sept années, l’ASPEN avec Pen Kiriak, l’association piriacaise, travaille assidument sous la présidence de Bernard Letellier, alors président de l’association sur cet important dossier.

Période 2000-2012

Au cours de cette décennie, l’ASPEN  contribué par ses remarques, suggestions et propositions, à différents dossiers relatifs à la commune du Pouliguen, notamment :

  • le nouveau plan de circulation en 2002
  • le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) qui sera intégré dans le futur plan local d’urbanisme (PLU) de la commune en 2006
  • la modification du POS en 2009
  • la modification du plan de circulation en 2009
  • la restauration des Halles en 2010

Période 2012-2015

Durant cette période, l’ASPEN a la profonde tristesse de perdre son président, Bernard Letellier, décédé en 2012.

Elle a poursuivi son engagement d’association travaillant aux cotés de la municipalité dans les domaines de l’urbanisme et de l’environnement au sein de la commission AVAP en 2012 et de la commission consultative des services publics locaux (CCSPL) en 2014. Elle participe notamment aux travaux qui conduisent à la modification du POS en 2013.

L’ASPEN prend position en 2013 sur le projet de parc éolien du banc de Guérande en demandant d’éloigner de 10 km vers le large la localisation du projet  afin de sauvegarder le paysage maritime.

Elle participe le 25 août 2014 à la création de l’association « Protection et Environnement de la Baie » (APEB) formée de 4 associations : ASPEN Le Pouliguen, GRSB La Baule, PROSIMAR (Pornichet) et APSVP (Pornichet). L’objectif de l’APEB est de coordonner les actions de protection de l’environnement engagées par les associations adhérentes notamment pour ce qui concerne les eaux marines entre la Pointe de Chemoulin et la Pointe du Croisic.

La même année, elle consulte ses adhérents sur les orientations à donner au projet de réfection de la rue François Bougouin.

Période 2015 – 2018

En 2015, l’ASPEN intervient auprès de la DRAC et de la mairie au sujet du Camp protohistorique de Penchâteau afin que le stockage des bateaux du CNBPP reste limité et ne défigure pas le site.

En mars 2016, à l’approche des travaux de réaménagement du quai Jules Sandeau, l’ASPEN dépose auprès de la mairie un document préconisant les aspects qui lui apparaissent importants dans cette opération de réaménagement.

Conjointement aux associations de la Baie, l’ASPEN dépose en juillet 2016 un recours contre l’arrêté préfectoral du 17 mars 2016 autorisant la Société du Banc de Guérande à exploiter un parc éolien sur ce site.

Elle intervient auprès de CAP ATLANTIQUE pour un contrôle de l’assainissement dans les zones de Penchâteau, du port et du marché.

Elle entreprend une démarche auprès des diverses autorités portuaires (Chambre de Commerce, Port de la Baule-Le Pouliguen) pour que les boues de dragage soient dorénavant récupérées à terre et valorisées. Cette action est menée dans le cadre de l’APEB.

A la suite de son assemblée générale d’Août 2017, et pour célébrer son cinquantenaire, l’ASPEN réunit ses adhérents lors d’une réception dont le succès fut grand, à tel point qu’il est demandé au Conseil d’administration d’envisager de renouveler cet exercice au cours des prochaines années en clôture de l’assemblée générale.

 

Auprès de la Communauté de commune de Cap Atlantique, elle mène une étude approfondie sur les circulations douces sur le territoire de la commune. Cette étude est également remise la municipalité et à ses services techniques lors d’une réunion de travail en 2019.

 

A l’occasion de son assemblée générale, le 5 août 2019, l’ASPEN innove en proposant à ses adhérents d’assister à une table-ronde sur le thème « Architecture, paysage et environnement au Pouliguen ». Celle-ci a permis aux intervenants, un architecte et un ingénieur d’échanger avec les adhérents sur la manière dont, au fil du temps, les questions d’environnement ont impacté l’architecture et le paysage au Pouliguen et d’évoquer les évolutions en cours.

 

Pour son assemblée générale d’Août 2020, l’ASPEN a renouvelé le projet d’y associer une conférence-débat. Présentée par le Dr. Gérard le Bobinnec, vétérinaire et ornithologue, cette conférence a porté sur « l’évolution de l’avifaune des marais salants au cours des 50 années écoulées ». Les participants ont pu découvrir à cette occasion combien la vie des oiseaux du marais a été et reste impactée par les activités humaines, le réchauffement climatique et la pollution.

 

Durant la campagne pour les élections municipales de mars 2021, l’ASPEN adresse un questionnaire aux différentes listes candidates et reçoit leurs représentants pour en débattre. A cette occasion, une priorité nouvelle émerge, celle de la maîtrise du développement d’activités nautiques comme la pratique du Jet Ski qui soulève des questions de sécurité et de tranquillité des riverains et des usagers des plages.